- GLASER (M.)
- GLASER (M.)GLASER MILTON (1929- )Le graphiste Milton Glaser est né à New York où il a suivi les cours de la Cooper Union Art School. Dès sa sortie de cette école, il prend l’habitude de travailler avec un certain nombre d’anciens élèves. Le groupe prend le nom de Push Pin et édite le Push Pin Almanac . Cette association, dans laquelle Milton Glaser et Seymour Chwast font rapidement figure de leaders, devient une entreprise qui prend en charge tous les problèmes de communication nécessitant une intervention graphique. Depuis 1983, il est cofondateur (avec Walter Bernard) de WBMG.C’est au cours d’un séjour que fit Milton Glaser en Italie, séjour au cours duquel il travailla à l’Académie des beaux-arts de Bologne sous la direction du peintre Giorgio Morandi, que date sa fascination pour Piero della Francesca. Il avait admiré chez ce peintre «la clarté géométrique, [la] précision et [le] sens de l’inévitable». Mais il se sent également attiré par le «désordre expressionniste». Ses réalisations sont en effet marquées par cette double polarisation. On ne peut parler d’évolution à propos de Glaser. Dans son œuvre alternent la précision extrême — comme dans l’affiche Weltpartag (1975) où il utilise trente-six couleurs! — et le flou — comme dans cette autre affiche des Toys by Artists (1973) réalisée pour le musée des Arts décoratifs de Paris — où le sujet est traité à l’aide de taches de couleur. Milton Glaser ne se limite pourtant pas à ces deux aspects, il peut également se révéler très proche de Matisse comme dans l’affiche qu’il a réalisé pour son exposition organisée par les Musées royaux des beaux-arts de Belgique (1976).Dans Discover Wolf Trap Music Festival (1975), il marque la diversité des interventions musicales en juxtaposant des figurines qui donnent à l’ensemble de l’affiche l’allure d’une image populaire traditionnelle. Il crée également une série d’affiches d’une grande diversité pour faire connaître la School of Visual Arts de New York où sa femme et lui-même enseignent.On ne peut pas parler de mimétisme à son propos, car, si Milton Glaser subit des influences, il domine parfaitement ses sujets. Artiste en communication, sa démarche est très différente de celle d’un peintre: il ne fait pas ses choix en fonction d’une matière brute — couleur à l’huile, gouache, mine de plomb, etc. — mais en puisant dans un large répertoire de formes: œuvres d’art, imagerie populaire, jeux (l’image du damier, par exemple), typographie, calligraphie, etc. Ses réalisations s’étendent au design (restaurants, emballage de produits alimentaires, signalétique et conception thématique et graphique pour la rénovation de la Rainbow Room au Rockefeller Center à New York). Et pourtant, au terme de ses réalisations, son style, en dépit de ses emprunts, demeure reconnaissable entre tous à cause de la manière insolite et extrêmement originale avec laquelle il résout les problèmes posés. On ne peut qu’être frappé, en effet, par l’étrangeté de beaucoup de ses œuvres. Il utilise souvent un grand nombre de couleurs non pour obtenir des effets éclatants mais, au contraire, pour assourdir ses compositions et les envelopper dans une atmosphère insolite. Son chef-d’œuvre demeure le portrait de Bob Dylan (1966), où le profil du chanteur-compositeur est traité entièrement en noir alors que la chevelure, éclatante comme une vision psychédélique, se développe en ondulations blanches, rouges, vertes, bleues...Milton Glaser n’est pas seulement un graphiste publicitaire, c’est également un metteur en pages très sollicité, un créateur de caractères d’imprimerie. De tous les artistes qui se consacrent aux problèmes graphiques de la communication, il est certainement le plus demandé et le plus écouté. Les affiches qu’il crée pour défendre des causes humanitaires et sociales ont donc un grand retentissement. En 1987, il a réalisé pour l’O.M.S. une affiche sur le sida et a préparé une exposition internationale d’affiches contre cette maladie. En 1989, il a participé avec soixante-cinq des plus grands affichistes contemporains à l’exposition Images internationales pour les droits de l’homme et du citoyen organisée par l’association Artis (couvent des Cordeliers, Paris; musée international de la Croix-Rouge, Genève; Stedelijk Museum, Amsterdam).
Encyclopédie Universelle. 2012.